subtil


subtil

subtil, ile [ syptil ] adj.
• fin XIIe; réfect. de l'a. fr. soutil 1165; lat. subtilis « fin, délié »
I(Abstrait)
1(Personnes) Qui a de la finesse, qui est habile à percevoir, à sentir des nuances, des rapports que la plupart ne discernent pas, ou à agir avec une ingéniosité raffinée. adroit, habile, 2. fin, perspicace, sagace. Un observateur, un négociateur subtil. « Le subtil Ulysse, l'homme avisé, prévoyant, rusé, fertile en expédients, inépuisable en mensonges » (Taine). « Robespierre était à la fois trop méfiant et trop subtil pour trouver la vérité » (Michelet). Esprit subtil, intelligence subtile. clairvoyant, 1. délié, 2. fin, pénétrant.
2(1636; soutil XIVe) Vieilli Qui perçoit, qui sent avec acuité. aigu. « Le goût n'est que le plus subtil des sens » (Sainte-Beuve).
3(1350 « raffiné »; soutil XIIIe) Choses Qui est dit ou fait avec finesse, habileté. délicat, 2. fin, ingénieux, raffiné. Une intuition subtile. Sa réponse est très subtile. « une opinion subtile et nuancée emporte toujours quelque vague soupçon d'hypocrisie » (Paulhan). Argumentation trop subtile. alambiqué (cf. Tiré par les cheveux).
II A(Concret)
1(1564) Vx Léger, menu. Sc. Vx Se disait d'une substance très légère, presque imperceptible. Fluide subtil ( 1. éther) .
Très fluide. Un sang trop subtil.
2(1530) Vieilli ou littér. Aigu, pointu, fin. « Leurs crêtes les plus subtiles [des coquilles] » (Cuvier).
3(XVIe) Qui s'insinue, pénètre facilement. Parfum subtil. Odeur subtile.
B(Abstrait) Qui est difficile à percevoir, à définir ou à préciser, par suite de son caractère délicat, fugitif ou indiscernable. « Les lois ne doivent point être subtiles : elles sont faites pour des gens de médiocre entendement » (Montesquieu). Différence, nuance subtile. ténu. C'est très subtil; c'est trop subtil pour moi. ⊗ CONTR. Balourd, grossier, lourd; épais; évident, facile.

subtil, subtile adjectif (latin subtilis) Qui a une grande finesse d'esprit et de l'ingéniosité : Un négociateur subtil. Intelligence subtile. Qui manifeste une habileté poussée parfois jusqu'à l'excès : Recourir à de subtiles arguties. Qui est difficile à comprendre, à saisir, du fait de son caractère ténu, délicat : Nuance de sens très subtile. Littéraire. Se dit d'une chose matérielle légère, qui s'insinue facilement : Un parfum subtil.subtil, subtile (expressions) adjectif (latin subtilis) Matière subtile, chez les matérialistes latins et dans la philosophie scolastique, matière qui enveloppe les astres, la Lune, etc. ● subtil, subtile (synonymes) adjectif (latin subtilis) Qui a une grande finesse d'esprit et de l'ingéniosité
Synonymes :
- délié
- futé
- pénétrant
Contraires :
- bête
- borné
Qui manifeste une habileté poussée parfois jusqu'à l'excès
Synonymes :
- alambiqué
- ingénieux
- raffiné
- sophistiqué
Contraires :
- élémentaire
Qui est difficile à comprendre, à saisir, du fait de...
Synonymes :
- délicat
- impénétrable
- impondérable
- mysténérieux
Contraires :
- compréhensible
- évident
- net

subtil, ile
adj.
d1./d Qui a une finesse, une ingéniosité remarquables; qui dénote ces qualités. Personne subtile. Argument subtil.
d2./d Difficile à saisir pour l'esprit, les sens. Nuance subtile.

⇒SUBTIL, -ILE, adj.
A. — 1. [En parlant d'un inanimé concr.] Ténu, très léger, très mobile; très difficile (ou impossible) à saisir, à toucher. Synon. impalpable, volatif; anton. épais, grossier, lourd. Air, feu, gaz, vent subtil; essence, lumière, poussière, vapeur subtile. Le système qui fait consister la lumière dans les vibrations d'un fluide infiniment subtil répandu dans l'espace, conduit ainsi à des explications satisfaisantes des lois de la réflexion, de la réfraction (FRESNEL ds Ann. chim. et phys., t. 1, 1816, p. 280). Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre, ALCHIM. La condition du passage de l'épais au subtil correspondant à la transmutation des métaux vils en or (Y. CAROUTCH, Giordano Bruno, Paris, Arista, 1988, p. 198).
PHILOS. [Chez Démocrite] Matière subtile. ,,Les atomes de l'air [par opposition à ceux de la terre]`` (GDEL). [Chez Descartes] Matière subtile. ,,Matière dans laquelle baigne la Terre`` (LAL. 1968).
2. P. méton.
a) Vieilli. Qui s'insinue avec grande facilité. Poison, venin subtil. Le vif-argent est fort subtil (Ac.).
THÉOL. Corps subtil. Corps glorieux ayant la propriété de pénétrer à volonté la réalité matérielle. On se le représentait [Jésus ressuscité] comme impassible, doué d'un corps subtil, traversant les cloisons opaques (RENAN, Apôtres, 1866, p. 38).
b) [En parlant d'une odeur] Qui se répand aisément dans l'air. Encens, parfum subtil. Au-dessus de ces chaudes et lourdes émanations planent, subtiles et froides, les mortelles vapeurs d'éther (SEM, Ronde de nuit, 1923, p. 24).
c) BIOL. Bacille subtil. ,,Bactérie non pathogène utilisée dans le traitement des affections intestinales ou pour la prévention des complications intestinales, durant les traitements antibiotiques`` (Pt Lar. Méd. 1976).
3. Vieilli ou littér.
a) [En parlant d'un sens] Qui perçoit avec acuité. Synon. aigu, fin2. Nez, œil subtil; ouïe, vue subtile. Le flair subtil de la mère inquiète découvrait sur nous l'ail sauvage d'un ravin lointain ou la menthe des marais (COLETTE, Mais. Cl., 1922, p. 14).
b) [En parlant d'une pers.]. Adroit, mobile, vif, plein de dextérité. Escamoteur, prestidigitateur, voleur subtil; jambes, mains subtiles. Cependant Lécreni ayant pris un flacon et rempli un gobelet sans que personne s'en fût aperçu, tant il avait été subtil, le porta à la bouche de Damiens (BALZAC, Œuvres div., t. 1, 1830, p. 559). Le plus ingénieux piégeur, le plus subtil braconnier d'un pays qui en possède de transcendants (LA VARENDE, Pays d'Ouche, 1934, p. 180). Subtil de + subst. Subtil de corps, d'œil. On appela la Marie-Guillard, qui était une petite jeunesse très-subtile de sa langue, et on la fit chanter (SAND, Maîtres sonneurs, 1853, p. 92).
Région. (Wallonie). Rapide. Il s'est laissé rattraper, il n'a pas été assez subtil (HANSE Nouv. 1987).
B. — 1. [En parlant d'une pers.] Qui sent très bien les distinctions, les nuances les plus fines. Synon. fin2, fûté (fam.), pénétrant, perspicace, sagace. Montaigne est un subtil et curieux observateur des vices et des ridicules qui circulent autour de lui (CHÊNEDOLLÉ, Journal, 1833, p. 162). Ceux que l'imagination domine, (...) les esprits subtils, qui voient facilement toutes les faces des choses (DELACROIX, Journal, 1854, p. 275). Rare, en empl. subst. Un visage d'un ovale qu'un subtil d'entre nous qualifiait de slave, sans expliquer pourquoi (ARNOUX, Algorithme, 1948, p. 28).
Docteur subtil. V. docteur I B 2 a.
2. [En parlant d'une démarche de l'esprit] Qui manifeste de la finesse, de l'ingéniosité, de la pénétration. Synon. astucieux, fin2, ingénieux. Argument, discours subtil; analyse, diplomatie, ruse subtile:
Ce sont, chez lui, on s'en souvient, les mêmes bonds furtifs, les mêmes passes savantes, les mêmes feintes, les mêmes fausses ruptures (...), le même jeu subtil, mystérieux, où la haine se mêle à la tendresse, la révolte et la fureur à une docilité d'enfant, l'abjection à la plus authentique fierté, la ruse à l'ingénuité, l'extrême délicatesse à l'extrême grossièreté, la familiarité à la déférence...
SARRAUTE, Ère soupçon, 1956, p. 31.
Péj. Exagérément raffiné, alambiqué. Tu alambiques, ma petite, tu cherches midi à quatorze heures. Trop subtil pour moi, tout ça (ARNOUX, Roi, 1956, p. 65).
C. — [Surtout à propos d'un inanimé abstr.] Délicat à percevoir ou à comprendre en raison de sa complexité ou de sa finesse. Synon. insaisissable, mystérieux, ténu. Charme, mélange subtil; différence subtile. [Monet] a peint des sous-bois à l'automne où se jouent les plus subtiles nuances du bronze et de l'or (MAUCLAIR, Maîtres impressionn., 1923, p. 72). Elle ne veut pas consulter un médecin. Sa maladie est sûrement trop subtile pour un docteur et ses remèdes (CHARDONNE, Dest. sent., III, 1936, p. 39). Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Les plus robustes esprits ont souvent de ces élans vers le subtil et l'inconnaissable (A. FRANCE, Génie lat., 1909, p. 16).
Prononc. et Orth.:[syptil]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Concr. 1. a) 1er tiers XIIe s. fr.-prov. « mince, fin, élancé » en parlant d'une partie du corps lo bu subtil (ALBERIC DE PISANÇON, Alexandre, 70, éd. Elliott Monographs, 38, p. 40). 1505 fueilles de blete subtiles et serrees (DESDIER CHRISTOL, Platine, fol. 70 r° a d'apr. R. ARVEILLER ds Mél. Séguy (J.), t. 1 1978, p. 72, s.v. lymonion); 1559 lames [d'espees] tenves et subtiles (AMYOT, Camille, 41 ds HUG.); b) 1409 galee soubtille « galère de combat de forme allongée » (BOUCIQUAUT, Livre des fais, III, XX, éd. D. Lalande, p. 373, 109); 1507 gallères subtilles (Ordonn. royale ds FENNIS Stolon., p. 502); 2. ca 1200 [ms.] « (d'un ouvrage) fait avec art » ici, empl. adv. (BENEDEIT, St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1077: De or precius uvret subtil, leçon ms. B); 3. Déb. XIIIe s. « composé d'éléments déliés, ténus, impalpables, volatils » (Expl. du Cant. des cant., ms. du Mans 173, éd. C. E. Pickford, 1727, 2117); 1552 feu suttil (BAÏF, Francine, l. III [I, 213] ds HUG.); 1er quart XVIIe s. air sutil (D'AUBIGNÉ, Création, chant I ds Œuvres, éd. E. Réaume et Fr. de Caussade, t. 3, p. 327); 1647 l'agitation de la matiere subtile (DESCARTES, Principes de la philos., IV, Paris, H. Le Gras et E. Pepingué, 1651, p. 295); 4. a) XVe s. [ms.] « fin, ténu, léger » drap subtil (FRANCHIÈRES, Fauc., ms. Chantilly 1528, fol. 22 r° ds GDF.); 1534 subtile toilette empl. p. image (CL. MAROT, trad. Métamorphoses d'Ovide, I, 1085 ds Œuvres. Traductions, éd. C. A. Mayer, p. 157); b) 1546 « transparent, léger » (d'une lampe de cristal) ouvrage tant diaphane et subtil (RABELAIS, 5e Livre,, XLI, éd. J. Plattard, p. 154); 5. a) 1588 [1591] mal subtil « espèce de maladie des faucons » (Ch. ESTIENNE et JEAN LIÉBAULT, Agric. et Maison rustique, Lyon, J. Guichard, p. 392 a); b) 1578-1583 « de nature à pénétrer, à s'insinuer » humeur suptil; sang subtil ``(D'AUBIGNÉ, Printemps, t. 3, p. 116; Création, XI, t. 3, p. 409). II. Abstr. A. en parlant d'une chose 1. a) fin XIIe s. « qui présente des finesses difficiles à saisir » (Sermons de St Bernard, éd. W. Foerster, p. 99, 22); ca 1200 (Moralium in Job, éd. W. Foerster, p. 340); b) 1580 « qui échappe à l'intelligence par un excès de finesse » (MONTAIGNE, Essais, I, XXX, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 197: c'est une subtile consideration de la philosophie); 1656 (PASCAL, Provinciales, I ds Œuvres, éd. J. Chevalier, 1964, p. 670: La difference qui est entre nous [docteurs de Sorbonne et Jansénistes] est si subtile, qu'à peine pouvons-nous la marquer); 2. 1360-70 « qui suppose de l'esprit, de l'adresse » tour subtil (Baudouin de Sebourc, éd. De Bocca, chant II, 582, t. 1, p. 49); 1549 (EST.: ceste exposition est subtile [habet acumen]). B. En parlant d'une pers. 1. a) fin XIIe s. « fin d'esprit, qui perçoit les finesses délicates à saisir » (Sermons de St Bernard, p. 99, 24: ceos cuers ki poc sunt ancor subtil); 1576 sens subtil (BAÏF, Mimes, l. II V, 65 ds HUG.); 1580 esprit subtil (MONTAIGNE, op. cit., II, XII, p. 465); b) 1470 (en parlant d'un organe sensoriel) « qui perçoit finement » [oye] subtile (GEORGES CHASTELLAIN, Vérité mal prise ds Œuvres, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 6, p. 264); 2. a) fin XIIIe s. « doué, habile, ingénieux » (JEAN DE MEUN, Testament, 1433 ds Rose, éd. D. M. Méon, t. 4, p. 73: Nous sommes trop soubtilz es choses de cest monde En congnoistre, en acquerre...); 1544 en mauvaise part filous subtils (D'OUVILLE, Contes, I, p. 245 ds LIVET Molière); b) fin XIVe s. « habile dans son métier » paintre subtil (EUSTACHE DESCHAMPS, Œuvres, éd. Queux de St-Hilaire, MCCCCXCV, 2315, t. 8, p. 318). Adapt. progressive, d'apr. l'étymon lat., de l'a. fr. sotil (déb. XIIe s. « [d'un ouvrage] fin, fait avec art » empl. adv. BENEDEIT, op. cit., 1077; ca 1150 Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 5001; 1176-81 « [d'une personne] d'esprit fin, délié » CHRÉTIEN DE TROYES, Chevalier de la charrette, éd. M. Roques, 3144; 1246 « [d'une chose] difficile à saisir » GAUTIER DE METZ, Image du monde, 485, 25 ds T.-L.), issu du lat. subtilis « fin, menu, délié; fin, délicat, pénétrant (en parlant du goût, du jugement); simple, sobre (en parlant du style) »; cf. la var. a. fr. sotif (par confusion entre les dés. en -iz, -is communes aux cas suj. masc. sing. et régime masc. plur. des suffixés en -ile et en -ivus): ca 1150 « caché, dissimulé » posterne soutive (Thèbes, 1489), fin XIIe s. [ms.]. « fin, fait avec art » enlacëure soutive (Partonopeus de Blois, éd. M. Gildea, append. I, 10310). I1b représente peut-être un calque de l'ital. (galea) sottile ou du cat. (galera) sotil, v. FENNIS Stolon., pp. 503-504. Fréq. abs. littér.:1 931. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 1 998, b) 1 690; XXe s.: a) 3 124, b) 3 722. Bbg. GALL. 1955, p. 455.

subtil, ile [syptil] adj.
ÉTYM. V. 1330; réfection, par réemprunt au latin, de l'anc. franç. soutil, sutil, soutif (XII-XVe), lat. subtilis « fin, délié »; d'abord au sens abstrait I « adroit, habile, rusé ».
———
I (Abstrait). Avant ou après le nom, en épithète (l'antéposition est marquée, stylistique).
1 Personnes. Qui a de la finesse, est apte à percevoir, à sentir des différences, des rapports que la plupart ne discernent pas, ou à agir avec une ingéniosité raffinée. Adroit, habile, fin, perspicace, sagace. || Un subtil disputeur (cit. 2), rhéteur… Abstracteur (de quintessence), casuiste. || Subtil dissimulateur (cit.). || Un diplomate, un négociateur subtil. || La nécessité les rend subtils (les pauvres). Inventif (→ Friche, cit. 7). || Personne subtile et dangereuse. Renard (fig.). || Il est subtil et fertile en expédients, en subterfuges.Esprit subtil (→ Finesse, cit. 10), intelligence subtile (→ Finement, cit. 2). Aiguisé, clairvoyant, délié, fin, pénétrant, raffiné.
1 Robespierre était à la fois trop méfiant et trop subtil pour trouver la vérité.
Michelet, Hist. de la Révolution franç., VI, V.
2 (…) le subtil Ulysse, l'homme avisé, prévoyant, rusé, fertile en expédients, inépuisable en mensonges, l'habile navigateur qui toujours songe à ses intérêts.
Taine, Philosophie de l'art., t. II, p. 98.
N. (rare, surtout au féminin) :
2.1 Les psychothérapistes (sic) m'ont bien expliqué, ces subtils, que si, par exemple, vous recherchez trop les femmes, c'est que vous êtes, en réalité, un homosexuel en fuite (…)
R. Gary, la Promesse de l'aube, 1960, p. 80.
2 (XVe, peintre subtil). a Vx. Qui a une grande habileté manuelle. || Un subtil voleur (qui « subtilise »). Subtiliser (I., 2.).
b Régional (Belgique). Alerte, vif.
3 (1636; soutil, XIVe). Vx ou littér. Qui perçoit, qui sent avec acuité. Aigu. || Avoir l'ouïe subtile. || Les organes deviennent plus forts ou plus subtils (→ Atrophier, cit. 5). || « Le goût n'est que le plus subtil des sens » (→ Malpropre, cit. 3).
4 (1350, « raffiné »; soutil, XIIIe). Choses. Qui est dit ou fait avec finesse, habileté; qui témoigne de l'adresse, de la finesse, du discernement ou de la perspicacité d'une personne subtile (au sens 1.). Astucieux, délicat, fin, ingénieux, raffiné, sophistiqué (→ Finesse, cit. 12). || Intuition subtile (→ Perspicacité, cit. 2). || Mener un jeu subtil. || Opinion, conversation subtile (→ Cour, cit. 28; emporter, cit. 44).Péj. || Argumentation (cit. 2), distinction subtile (→ Dialectique, cit. 1). Alambiqué, quintessencié (→ Tiré par les cheveux). || Discours, raisonnements subtils d'un sophiste.Manœuvre (cit. 10) subtile et perfide. || « Je sais les tours rusés et les subtiles trames » (→ Planter, cit. 3). || Moyen subtil. Truc; malice (cit. 1).
3 — (…) j'admire (…) la subtile adresse de ma carogne de femme pour se donner toujours raison, et me faire avoir tort.
Molière, George Dandin, II, 8.
4 — (…) une opinion subtile et nuancée emporte toujours quelque vague soupçon d'hypocrisie.
J. Paulhan, Entretien sur des faits divers, p. 141.
Vieilli (du sens 2.). || Tour subtil, fait avec dextérité.
N. m. || Le subtil : les choses subtiles, la subtilité.
———
II (XVIe, livre soutive, opposée à livre grosse). Concret. Après le nom, en épithète.
1 (V. 1564). Vx. Léger; petit et léger (en parlant d'une chose matérielle).
Sc. nat. Vieilli. Très fragile, presque imperceptible (avec une idée de pureté, dans un sens voisin de sublime). Impondérable. || Effluves, émanations (cit. 5), vapeurs subtiles. || Fluide subtil. Éther; éthéré (cit. 2). || « Un vent très subtil » (→ Animal, cit. 1, Descartes).Très fluide. || Un sang trop subtil (→ Conglutiner, cit. 2).
5 Comme la lumière se propage dans les régions vides de matière pondérable, force lui était donc (à Fresnel) d'imaginer que ce que nous nommons le vide est en réalité rempli par un milieu subtil, impondérable et échappant à notre perception, milieu dont les vibrations constituent la lumière.
L. de Broglie, Physique et Microphysique, p. 70.
Par métaphore :
5.1 (…) je forçais à ne plus jamais s'échapper ce monde ailé, subtil, de visions et d'odeurs, de bruits et d'images (…)
E. Fromentin, Dominique, III.
2 (V. 1530). Vieilli ou littér. Aigu, pointu, fin.
6 (…) les plus petites d'entre elles (des coquilles) gardent leurs parties les plus délicates, leurs crêtes les plus subtiles, leurs pointes les plus déliées (…)
Cuvier, Disc. sur les révolutions…, p. 9.
3 (XVIe). Par ext. Qui s'insinue, pénètre facilement.Vieilli. || Poison, venin subtil.Mod. (mais plutôt compris comme une métaphore du sens psychologique). || Parfum subtil (→ Contenir, cit. 15). || Odeur subtile (→ Exhalaison, cit. 4).
4 (XXe). Biol. || Bacille subtil (lat. sc. bacillus subtilis) : bacille gram négatif employé dans la thérapeutique des affections intestinales pour ses propriétés bactériostatiques et bactéricides à l'égard des autres espèces.
———
III (Mil. XVIIe : 1656, Pascal). Fig. (Du sens II). Surtout après le nom, en épithète; l'antéposition est stylistique ou archaïque. Qui est difficile à percevoir, à définir ou à préciser, par suite de son caractère délicat, fugitif ou indiscernable (→ Dénombrer, cit. 2; dépendance, cit. 3; insensible, cit. 18; occulte, cit. 1).REM. Cette acception tend à être confondue avec le sens I, la difficulté à être perçu provenant souvent d'une intention; le dér. subtilité (3.) amalgame les deux valeurs. || Rapports subtils (→ Harmonie, cit. 25). || Différence, nuance subtile. Ténu. || Un péril (cit. 6) plus subtil, non encore apparent.Vieilli (avec des noms plus précis, moins généraux). || Un subtil vertige (→ Aliéniste, cit. 2).Sa maladie est trop subtile pour les médecins (→ Consulter, cit. 4).
7 Les lois ne doivent point être subtiles : elles sont faites pour des gens de médiocre entendement (…)
Montesquieu, l'Esprit des lois, XXIX, XVI.
CONTR. Balourd, bête, borné, grossier, lourd. — Épais. — Compréhensible, évident, facile.
DÉR. Subtilement, subtiliser. — V. aussi Subtilité.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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